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5 choses à savoir sur le beaujolais

20/11/2017

Comme tous les troisième jeudis de novembre, le beaujolais nouveau est arrivé ! Seulement voilà, le moment venu, attablé avec vos amis, après avoir débattu sur l'éventuel goût de banane ou de framboise, la conversation s'épuise. Alors voici 5 choses à savoir sur le beaujolais pour briller en société (ou ne plus être invité à la dégustation l'année suivante, ce qui n'est pas forcément un mal) :

 

 

1- Gamay, ce cépage mal-aimé

 

Les beaujolais sont des vins mono-cépage, c'est-à-dire qu'ils sont tous produits avec la même variété de raisin : le gamay. On retrouvait autrefois ce cépage dans toute la Bourgogne viticole, de Dijon à Mâcon, jusqu'à ce que Philippe II duc de Bourgogne ne décide de l'en chasser à la fin du XIVème siècle : "« Un tresmauvaiz et tresdeloyaul plant nommez Gaamez, duquel mauvais plant vient tresgrant habondance de vin et lequel vin de gaamez est de tel nature qu’il est moult nuysible à creature humaine (…) »".

Bouté hors de Bourgogne par Philippe le Hardi (on en trouve pourtant encore, notamment utilisé dans le passe-tout-grains), le gamay trouva une terre d'asile un peu plus au sud, entre Mâcon et Lyon, où la chance lui fit rencontrer un sol granitique, qui, bien que réduisant son rendement, fit grandement gagner les vins en qualité.

 

 

2- Des grands crus non, mais des crus quand même

 

Peu de chance que vous goûtiez de ces vins là en primeur au café du commerce, mais on ignore parfois que le beaujolais ne se limite pas à son appellation générique, ou à celle de beaujolais-villages un peu plus restrictive. Il existe 10 crus en Beaujolais, chacun l'expression d'un terroir particulier, qui, s'ils ne sont pas des vins de garde à proprement parler et conservent les caractéristiques de fruité et de légéreté de la région, apportent de l'équilibre et de la complexité dans les arômes, et méritent d'être conservés 2 à 5 ans, voir plus pour certains.

Du nord au sud : saint-amour, juliénas, chénas, moulin-à-vent, fleurie, chiroubles, morgon, régnié, côte-de-brouilly, brouilly.

Une préférence toute personnelle pour le fleurie, qui est sans doute le plus fin et le plus léger, tout en élégance et délicatesse.

 

 

3- La vinification beaujolaise, une recette qui s'exporte

 

Traditionnellement pour faire du vin, on presse les raisins pour obtenir du moût, et la fermentation alcoolique survient à partir des levures naturellement présentes sur la peau des grains ou ajoutées par le vigneron.

Dans le Beaujolais, on pratique le plus souvent en amont une macération semi-carbonique. Derrière ce nom barbare se cache un procédé relativement simple : sitôt vendangées, les grappes entières sont placées dans des cuves fermées. Au fond de la cuve, les grappes écrasées sous le poids de leurs congénères laissent échapper leur jus qui part en fermentation classique, saturant la cuve de gaz carbonique ; plus haut, les enzymes présents à l'intérieur des baies restées intactes, privées d'oxygène, vont transformer le raisin en réduisant l'effet des tanins et décuplant son fruité. Cette macération dure quelques jours, après quoi les grappes sont pressées et la vinification reprise de façon plus "classique".

Cette vinification beaujolaise fait depuis les beaux jours d'autres vignobles, notamment dans le sud de la France, où elle est utilisée sur certaines productions pour développer les arômes et arrondir les tanins.

 

 

4- Le beaujolais nouveau, c'est si nouveau que ça ?

 

A l'échelle de l'histoire de la viticulture, le beaujolais nouveau est un gamin. C'est en 1951 qu'en réaction à un décret interdisant la vente des vins d'appellation d'origine contrôlée avant la mi-décembre de leur année de production, les vignerons du Beaujolais réclament et obtiennent le droit de vendre leurs vins plus tôt. La date exacte a changé selon les années, mais depuis 1985 c'est invariablement le troisième jeudi de novembre qu'on peut célébrer cette fête (commerciale) populaire.

 

 

5- "J'avais commandé un beaujolais, pas un sirop de banane"

 

Portée par son succès à l'étranger dans les années 90, la production de beaujolais primeur s'est laissée entraîner dans les pires travers des vins technologiques.

Au premier rang de ceux-ci, l'utilisation de levures aromatiques, des levures qui bien que naturelles ont été spécialement sélectionnées en laboratoire pour les arômes qu'elles apportent au vin. Plus besoin de chercher à exprimer les caractéristiques de son terroir, quand on peut choisir sur catalogue une levure pour obtenir un beaujolais à la fraise, à la framboise, ou à la banane. Et les plus gros producteurs de s'entendre sur le "goût de l'année"...

On n'hésitait pas non plus à chaptaliser les vins, c'est-à-dire à y ajouter du sucre, pour gommer l'acidité, faire croire à une expression du fruit, et jouer sur la gourmandise du consommateur festif.

Heureusement ces pratiques sont en perte de vitesse, et les vignerons soucieux de respecter leur produit et les consommateurs sont en train de gagner la bataille.

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